Le gecko panthère de Madagascar

dsc01400On rencontre le gecko panthère Paroedura picta dans la moitié sud de Madagascar, essentiellement le long des côtes, de Belinta à Fort Dauphin (Taolanaro). Il occupe des zones sablonneuses, dégagées, herbacées ou boisées. C’est le plus terrestre de tout les Paroedura, il grimpe mal, et ne possède pas de lamelles sous-digitales lui permettant d’adhérer aux surfaces abruptes. On le trouve néanmoins parfois perché sur un rocher ou sur des petites branches basses de la végétation épineuse du Sud malgache. C’est par contre l’une des plus grandes espèces du genre (avec P. masobe et P. tanjaka), les mâles pouvant atteindre 17 cm.

Caractérisations

Les taxonomistes attribuent aujourd’hui 18 espèces au genre Paroedura, toutes endémiques de Madagascar, sauf Paroedura sanctijohannis que l’on rencontre dans l’archipel des Comores. Ces espèces occupent tous les milieux malgaches, du Nord au Sud : des zones côtières dégagées et sèches – c’est le cas de P. picta – aux zones forestières sèches pour P. androyensis en passant par les forêts humides et fraîches pour P. masobe et P. gracilis. D’autres espèces enfin, comme P. karstophila et P. lohatsara sont inféodées aux massifs karstiques, formés de roches calcaires.
Comme beaucoup d’espèces de geckos, Paroedura picta est nocturne. En captivité, il est néanmoins possible de l’observer aussi pendant la journée. Si de la nourriture est proposée en matinée ou l’après-midi, le lézard n’hésite pas à sortir de sa cachette pour se lancer à l’assaut de ces proies offertes.

Le terrarium

Cette espèce vit très bien en captivité et est une candidate idéale au terrarium, au même titre que son cousin Asiatique, le gecko léopard (Eublepharis macularius). Pour un groupe comprenant un
mâle et deux à quatre femelles, un petit terrarium en verre de 60 cm de long et 40 cm de large et de haut convient tout à fait.
L’équipement à offrir est classique : un tapis chauffant, placé sous un tiers de la surface de terrarium (zone maintenue sèche) offre un gradient thermique de 28 à 32°C pendant la journée. Le chauffage est coupé la nuit de manière à  permettre à la température de descendre à 20-22°C. Un petit spot de 25 de 40 W, en plus d’offrir de la chaleur supplémentaire, permet d’éclairer le bac et d’installer un une alternance «jour/nuit» à la lumière. Le terrarium est éclairé 14 heures chaque jour de mars à octobre (période de reproduction), 13 heures en février et novembre et 12 heures de novembre à janvier (période de repos pour les femelles).
Le choix du substrat à utiliser dans le terrarium est large : sable, copeaux de hêtre ou de pin spécialement conçus pour les terrariums, tourbe sèche, voire papier absorbant lorsqu’on maintient les animaux en batterie d’élevage. En plus du récipient contenant de l’eau, des branches, des pierres, des plantes artificielles ou naturelles placées pour la décoration, le terrariophile peut laisser libre cours à son imagination.

La nourriture

Le gecko panthère est un insectivore typique. Grillons moyens, petits criquets, vers de farine, tous ces insectes accessibles dans le commerce font son bonheur! Durant l’été, il peut se satisfaire d’individus d’espèces locales, capturés dans les champs. En accord avec son métabolisme élevé, l’animal gagne à être nourri tous les jours. Une fois sur deux, un complément vitaminé enrichi en calcium est idéalement ajouté aux insectes offerts. Ce complément est également recommandé lors de chaque prise de nourriture des femelles en période de reproduction, de février à octobre.

La reproduction

dsc07246Dès lors que l’on possède des animaux matures, la reproduction de Paroedura picta ne pose pas de problème. A ce propos, il est utile de savoir que l’espèce a une maturité sexuelle précoce, les femelles offrant les premières pontes vers 5 à 6 mois. Ce n’est toutefois pas forcément une bonne nouvelle : les femelles qui pondent trop tôt ne survivent malheureusement pas longtemps. L’option salutaire consiste à maintenir les femelles à l’écart des mâles (dès que le sexage est possible, vers 1 mois et demi – 2 mois) durant toute la première année. Ce n’est qu’ensuite que le rapprochement peut être effectué. Certains éleveurs recommandent même d’attendre 18 mois.
Dès qu’ils sont récoltés, les œufs doivent être incubés sur un substrat sec, mais dans une atmosphère humide. Une petite boîte contenant de la vermiculite ou du sable fait parfaitement l’affaire. La température d’incubation peut varier entre 26 et 31°C ; quant à  la durée, elle peut varier de 43 à 65 jours.

Les mutations

Cette espèce très facile à élever et ayant un fort potentiel de reproduction implique que les éleveurs ont rapidement sélectionné des individus aux pattern et couleurs intéressantes. Chaque individu est différent et a une robe qui lui est propre. Néanmoins, au fil des ans, plusieurs mutations sont apparues dans les élevages.

  • Deux « formes » de P.picta sont présentes en milieu naturel: la forme à bandes transversales classique ainsi que la forme lignée (ligne blanche partant de l’arrière de la tête jusqu’à la base de la queue). Cette forme est récessive par rapport à la forme classique.

 

  • L’albinos (également appelée amélanique) ou xanthique selon les éleveurs est une mutation récessive, la première à avoir été sélectionnée chez cette espèce. Les spécimens de cette forme sont entièrement jaunes avec les yeux gris/bleus.
  • L’anerythristique (« absence de pigment rouge ») est également une mutation récessive. Les spécimens porteurs de cette mutation semblent « délavés ».

 

Les références

Retrouvez l’article complet dans le Reptilmag n°44 !

  • Henkel, F.-W. and Schmidt W., Amphibians and Reptiles of Madagascar and the Mascarene, Seychelles, and Comoro Islands. Krieger Publishing Company, Malabar, Florida, 2000.
  • Glaw, F. & M. Vences (2007), A Field Guide to the Amphibians and Reptiles of Madagascar. Third edition Cologne, Vences & Glaw Verlag, 496 pages.
  • Klarsfeld, J.  The Fecund Madagascar Ground Gecko (Paroedura pictus). Reptiles magazine Vol. 4 No.8 August 1996, pp. 56-68
  • Nussbaum, R. A. & C. J. Raxworthy 2000 Systematic revision of the genus Paroedura Gunther (Reptilia: Squamata: Gekkonidae), with description of five new species. Miscellaneous Publications, Museum of Zoology, University of Michigan no 189: 1-26
  • Schenecker, P.  Terralog Vol. 12: Geckos of Madagascar, the Seychelles, Comoros and Mascarene Islands. Geckos Madagaskars, der Seychellen, Komoren und Maskarenen. Edition Chimaira, Frankfurt am Main; Verlag ACS GmbH, Rodgau. 2008.